Centrafrique : Arbitrage

Principes Généraux

L’Arbitrage a été consacré par le préambule du Traité OHADA du 17 décembre 1993 et par le titre IV du Traité comme un mode normal de règlement juridique des conflits commerciaux.

L’Acte Uniforme sur l’Arbitrage (AUA) est entré en vigueur le 11 juin 1999 et constitue aujourd’hui le cadre juridique du Droit de l’Arbitrage qui s’applique à tout arbitrage lorsque le siège du Tribunal Arbitral se trouve dans l’espace OHADA.

Il a vocation à s’appliquer à tout arbitrage tant interne que de droit international ; qu’il s’agisse d’un arbitrage ad hoc ou d’un arbitrage institutionnel.

La Convention d’Arbitrage

L’Acte Uniforme n’opère aucune distinction entre l’arbitrage civil et l’arbitrage commercial, et autorise l’arbitrage sur tous les droits dont les personnes physiques ou morales ont la libre disposition.

C’est ainsi que l’arbitrage est valable également à l’égard des Etats, des collectivités publiques territoriales et des établissements publics ; au surplus, l’article 2 alinéa 2 prévoit que ceux-ci ne peuvent invoquer leur propre droit pour contester l’arbitrabilité du litige, leur capacité à compromettre ou la validité de la convention d’arbitrage.

Par ailleurs, l’article 4 de l’Acte Uniforme affirme l’autonomie de la convention d’arbitrage, tant par rapport au contrat principal qu’envers toute loi étatique.

La Procédure arbitrale

Les arbitres sont nommés, révoqués ou remplacés conformément à la convention des parties.

A défaut de convention ou si celle-ci est insuffisante, la nomination peut être effectuée sur la demande d’une partie par le Juge national compétent.

L’arbitre qui accepte sa mission doit porter cette acceptation à la connaissance des parties ; s’il suppose en sa personne une cause de récusation, il doit en informer les parties et ne peut accepter sa mission qu’avec leur accord unanime et écrit.

Le Tribunal Arbitral statue sur sa propre compétence.

Lorsqu’un litige dont un Tribunal Arbitral est saisi en vertu d’une convention arbitrale est porté devant une juridiction étatique, celle-ci doit, si l’une des parties en fait la demande, se déclarer incompétente.

Toutefois, l’existence d’une convention d’arbitrage ne fait pas obstacle, en cas d’urgence reconnue et motivée, ou lorsque la mesure doit s’exécuter dans un Etat non partie à l’OHADA, à la possibilité pour la juridiction étatique d’ordonner des mesures provisoires ou conservatoires, dès lors que ces mesures n’impliquent pas un examen du litige au fond.

Les parties peuvent régler la procédure arbitrale, soit directement, soit par référence à un règlement d’arbitrage, tel que celui de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) qui siège à Abidjan.

Les voies de recours contre la sentence arbitrale

La sentence arbitrale n’est pas susceptible d’opposition, d’appel ni de pourvoi en cassation.

Elle peut seulement faire l’objet d’un recours en annulation qui doit être porté devant la juridiction étatique.

Le recours en annulation n’est recevable que dans les cas suivants :

  • si le Tribunal Arbitral a statué sans convention d’arbitrage ou sur une convention nulle ou expirée,
  • si le Tribunal Arbitral a été irrégulièrement composé ou l’arbitre unique irrégulièrement désigné,
  • si le Tribunal Arbitral a statué sans se conformer à la mission qui lui a été confiée,
  • si le principe du contradictoire n’a pas été respecté,
  • si le Tribunal Arbitral a violé une règle d’ordre public international des Etats signataires du Traité,
  • si la sentence arbitrale n’est pas motivée.

La sentence arbitrale peut également, sous certaines conditions précisées par l’article 25 de l’Acte Uniforme, faire l’objet d’un recours en révision ou d’une tierce opposition devant le Tribunal Arbitral.

Reconnaissance et exécution des sentences arbitrales

La sentence arbitrale n’est susceptible d’exécution forcée qu’en vertu d’une décision d’exéquatur rendue par la juridiction étatique.

La décision d’exéquatur n’est susceptible que d’un pourvoi en cassation devant la CCJA ; la décision qui accorde l’exéquatur n’est susceptible d’aucun recours.

Les sentences arbitrales étrangères sont exécutoires sur le fondement de la Convention de New York du 10 juin 1958.

La reconnaissance et l’exécution des sentences rendues dans un autre Etat de l’espace OHADA sont pour leur part soumises aux dispositions de l’Acte Uniforme.

Mise à jour le 02/02/2012